Édition 1 :

Dictée en image

crédit photo : Mayan'art

Le texte de la dictée

Un séjour mahorais

Lorsque je débarquai de l’avion, je ressentis comme une chape de plomb brûlant dégringoler sur mon corps. La longueur de la file d’attente ne me permit pas de découvrir le paysage mais grande fut ma surprise de voir, au milieu des voyageurs qui débarquaient, des femmes habillées de longues robes colorées dont j’ai su le nom plus tard : les salouvas. Depuis, je suis toujours en admiration devant le goût qu’ont les femmes mahoraises pour harmoniser les couleurs du salouva, du châle qu’on appelle kishali et des chaussures. A ce propos, je me suis toujours demandé comment elles pouvaient supporter des talons hauts fermés sans souffrir le martyre…Sans doute une idiosyncrasie… 

L’interminable attente pour récupérer les bagages me permit de constater que les Mahorais étaient bien plus patients que nous métropolitains, plus serviables et plus polis… A la sortie de l’aéroport, la luxuriance de la nature m’éblouit. Les familles qui étaient venues attendre les voyageurs tenaient des colliers de fleurs parfumées qu’elles leur offraient lorsqu’elles les accueillaient : la plupart du temps, ces colliers sont composés de fleurs de jasmin, de bougainvillée, d’hibiscus et d’alamanda.

Sur la route qui mène de l’aéroport à la barge, je découvris que les manguiers sont des arbres immenses et que les flamboyants rouge vif existent réellement…En passant devant le cimetière de Petite Terre j’appris que le frère d’Honoré de Balzac y était enterré et je ne pus m’empêcher de penser que l’écrivain aurait été lui aussi émerveillé par des paysage si différents de ceux de la Loire qu’il a décrits dans ses romans. Prendre la barge fut un pur moment de bonheur : après l’avion, une petite croisière !!! Au fur et à mesure de la progression de la barge, je pus contempler la résidence du préfet, sur un promontoire : on eût dit une vigie hiératique dont la présence à la fois comminatoire et bienveillante saluait votre arrivée. De l’autre côté, des îlots dispersés dont je sus plus tard que les autochtones les avaient baptisés « les quatre frères » jalonnaient la suite de la traversée. Qui eût pu imaginer une eau si translucide dont la couleur ressemblait à la description que fait Homère des yeux pers d’Athéna ?

Et l’arrivée sur Mamoudzou est un cadeau empreint de solennité. D’emblée, j’ai aimé cette ville et tous les charmes de l’île. J’ai régulièrement arpenté la route qui grimpe jusqu’à la maison du gouverneur, préférant la fin de l’après-midi pour dialoguer avec
les makis, respirer le parfum de l’ylang ylang, du frangipanier et du quisqualier des Indes, arbre magique dont le parfum puissant émane de fleurs dont la couleur change suivant le moment de la journée. A la tombée du jour, les cris stridents des roussettes jalonnent l’ascension et la vue panoramique sur le lagon nous apaise et nous rend sereins malgré les attaques des moustiques !!!

J’aurais encore beaucoup de souvenirs à évoquer sur cette île et ses habitants qui ont conquis mon cœur mais le temps presse et je dois, hélas, vous quitter. Kwaéri.

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